jeudi 7 mars 2019

Index de lecture





Bienvenue, faisons connaissance : ICI
Historique abrégé du Champlain : ICI
L'étrange cheminée du Champlain : ICI
La naissance du Champlain (1° épisode) : ICI

La naissance du Champlain (2° épisode) : ICI
   
La naissance du Champlain, (3° épisode) : ICI

Le naufrage du Champlain (1° épisode) : ICI
Le naufrage du Champlain (2° épisode) : ICI
Le naufrage du Champlain (3° épisode) : ICI
Le Champlain inaugure le môle du Verdon : ICI
Sisters-ship Champlain et Lafayette ? : ICI
La bonne table française à bord du Champlain : ICI
Maquettisme  du Champlain (1° épisode) : ICI
Maquettisme  du Champlain (2° épisode) : ICI
Bel envoi d'un cousin d'Amérique : ICI
Une bouteille à la mer !  ICI
Riches et/ou célèbres passagers du Champlain : ICI
Quand un autorail s'installe sur le pont arrière  du Champlain : ICI
Publications diverses à propos du ChamplainICI
Philatélie du paquebot Champlain : ICI
Un fonds privé "Paquebot Champlain" ? : ICI
Aquarelles, dessins, tableaux du Champlain : ICI
Photothèque : ICI
Vidéothèque : ICI


Articles à paraître :

Naissance du Champlain, 4° épisode.



mercredi 6 mars 2019

Naissance du Champlain (3° épisode) : Mise en service commerciale, la ligne transatlantique


Lancé le 15 juin 1931, CHAMPLAIN prend la mer pour sa première traversée transatlantique prévue pour le 18 août 1932 ! Ce retard est du aux multiples retards de déblocages de fonds alloués par le gouvernement français. 

Toute mise en service d'un paquebot est précédée d'une phase essentielle, les essais en mer. Ceux-ci auront lieu les 5 et 6 juin 1932.

Deux revues parues le même jour, 18 juin 1932, en rendent compte:

SCIENCES ET VOYAGES, numéro 668 :



L'ILLUSTRATION, numéro 4659 :




Sous l'autorité du commandant Barthélemy, diverses opérations sont exécutées, à commencer l'essai de vitesse (dépasse les 20 nœuds) : un précieux cliché en porte témoignage :

Source et crédit photo : revue l'Illustration

Traumatisé par l'incendie du GEORGES PHILIPPAR (54 victimes dont Albert Londres), la compagnie imposa des mesures drastiques et un entrainement sévère de l'équipage :
"A la demande d'un passager sans que personne n'ait été provenu, l'alerte fut donnée d'un postée choisi au hasard. En 35 secondes, le personnel du canton des cabines, supposé menacé, était sur le point de feu. Pendant que deux hommes ouvraient le poste de secours voisin et dévidaient dans le couloir deux manches (tuyaux) munies chacun de leurs lances, les autres attaquaient  le feu avec de puissants extincteurs. 2 minutes 10 secondes après, un premier groupe de pompiers pourvus de masques à fumées et équipés pour lutter contre l'incendie accouraient, suivis  à 1 minute 29 secondes par un second groupe [...] donc  4 minutes et 14 secondes plus tard, le personnel spécialisé se trouvait au point de feu
Démonstration du fonctionnement des extincteurs
 Source et crédit photo : revue l'Illustration


Sur le pont supérieur, les matelots ayant en main les leviers de commande des treuils, se tenaient parés à mettre à l'eau les embarcations
 Essayage et ajustement des brassières
 Source et crédits photos : revue l'Illustration


Par ailleurs, les aménagements confortables et élégants de ce beau navire de 28.000 tonnes ne manqueront pas d'accentuer le sentiment de sécurité: les coursives sont larges et droites et les nombreux escaliers-mettant en communication les différents ponts assurent le plus aisément du monde la communication"
 Collection personnelle de l'auteur

Enfin, le voyage inaugural le 18 août 1932 !

Escale à Québec, puis arrivée triomphale à New-York.
A son retour au Havre, CHAMPLAIN bat le record de sa catégorie, 6 jours, 16 heures et... 20 minutes



Départ du Havre :
Source illustration et crédit photo : en cous d'identification

A la veille de son départ, voici le reportage professionnel d'Henry Roulleau ! Il faut compter avec le dithyrambisme de l'époque, et une certaine lourdeur qui rend parfois pénible sa lecture. Mais... c'est le seul texte que j'ai réussi à dénicher qui donne une description aussi précise des intérieurs du paquebot au premier jour de sa commercialisation !



"GRACE A LEUR CONFORT ET A LEUR STYLÉ FRANÇAIS, LES NOUVEAUX PAQUEBOTS DE LA « FRENCH LINE » MAINTIENNENT SUR L'OCÉAN LE PRESTIGE DE NOTRE PAVILLON

LE HAVRE, août 1932. On connaît l'histoire, tirée de l'Exode, où le moabite Balaam, qui s'était promis de maudire Israël, revint de son voyage transfiguré eu prophète "Qu'elles sont belles, tes tentes, ô Jacob et tes demeures, ô Israël Elles sont étendues comme des vallées couvertes d'ombrages, comme des jardins toujours arrosés le long des fleuves, comme des arbres pleins de parfums, que l’Éternel a plantés". 
Or, sans être ni devin, ni disciple des sibylles, il vient de m'arriver semblable aventure. 
Je dois à la vérité de dire que j'étais allé au Havre dans le but de continuer mon enquête sur les constructions navales, avec une idée préconçue. Je sais qu'il faut toujours se défier d'une idée préconçue, mais celle-là hantait mon esprit Et c'est un superbe prospectus, édité par la Compagnie Générale Transatlantique vantant le luxe prodigieux des installations du nouveau paquebot Champlain, de la ligne Le Havre-New-York, qui avait déchaîné toute la série de mes protestations mentales. 
Je pensais, en feuilletant le splendide catalogue, sous couverture fastueuse, magnifiant les précieuses décorations du dernier-né de la « Transat » « En temps de crise, a-t-on jamais eu idée plus saugrenue que celle qui consiste à consacrer des millions et des millions à des aménagements de nabab ? » Et je lisais, en tournant les pages du fameux inventaire  : Grand salon il est conçu dans l'esprit des ensembles du luxe des grands revêtements muraux blanc et or : les sièges sont recouverts de tapisseries aux teintes très adoucies; le plafond est décoré par Rupin. Grande descente avant en bois doré et métal ouvré, sculptures en plein bois; Fumoir tapissé de peaux de porc cousues de deux fils ton sur ton, Bar grande verrière gravée. Salle à manger des enfants : elle est composée de panneaux de marqueterie bleus et roses. Salle de sports aux couleurs olympiques, elle comprend l'appareillage le plus « up to date ». La salle à manger forme une grande cour intérieure en pierre vieux rose, à laquelle on accède par un très large escalier en marbre blanc avec rampe de fer forgé. Une grande pergola éclaire toute la pièce; les bas côtés forment « patio oriental ». Les sièges sont recouverts de tissu rose et vert; les diverses œuvres d'art sont signées Lachenal, Terroir, Daurat, Scores, etc. 
Je me répétais, en fermant le précieux catalogue « A-t-on vraiment besoin d'étaler toute cette magnificence pour traverser la « mare aux harengs » ?

Or, je viens de vivre, sur ce paquebot, en pleine animation, non pas il quai, mais entre ciel et terre. D'abord, j'ai regardé, puis j'ai écouté. enfin, j'ai admiré. 
J'ai admiré, peu après que me furent revenues à la mémoire, comme par enchantement, les émouvantes paroles de M. Rio, devant la Haute-Assemblée, à cette séance du 25 février 1932, à laquelle j'assistais et où se jouait le sort financier de la Transat : « Lorsqu'un bateau anglais quitte New-York, on dit c'est un bateau de la Cunard, ou de la White Star Line. Mais, si c'est un bateau français, on dit c'est un bateau de la French Line. » Je me suis extasié sans réserve, devant les aménagements les plus raffinés, quand je me suis rendu compte que les 700 passagers servis par un personnel d'élite exclusivement français (au total 176 travailleurs de chez nous) étaient presque tous - sauf les tennisman Cochet et Bernard - des Américains. J'ai admiré, en proie même à une violente émotion, riches décorations et machinerie titanesque, en faisant, sur l'heure, ce raisonnement très simpliste, mais combien réconfortant : Si les Américains empruntent la French Line qui, en fait, concurrence leurs lignes nationales, c'est qu'il leur chante de vivre quelques journées et quelques nuits merveilleuses dans l’atmosphère élégante et confortable créée par nos artistes, c'est qu'au départ de New-York, ils savent trouver, sur nos bateaux, un avant-goût de la belle et douce France. Si leurs dollars sont ainsi drainés par la French Line pour un milliard de francs par an se répartissant entre les industries multiples, les commerçants innombrables. les 25.000 gens de mer et ouvriers des chantiers navals, le fisc français, etc. c'est que nos paquebots, comme le jeune Champlain, grâce à leur attrait et à leur sécurité sans cesse contrôlée, tiennent haut et ferme le pavillon tricolore et que le rayonnement de notre génie attire et séduit, par ses conceptions inégalées, les cœurs américains.
Et, puisque ces conceptions toutes luxueuses et opulentes qu'elles soient obtiennent la grande faveur des passagers d'outre-Atlantique. il importe de les maintenir, même de les développer sur les grandes lignes maritimes.
Elles représentent, en effet, les progrès féeriques accomplis par notre science et notre industrie, dans tout les domaines, puisque le paquebot moderne est une ville flottante: elles révèlent aux étrangers les ressources- infinies de notre architecture navale, k» délicatesse des nos artistes et la conscience de nos artisans. Elles rehaussa sent enfin, d'un éclat sans pareil, le prestige de la mère-patrie où furent conçus, construits, lancés, aménagés et d'où partent, chaque semaine, les merveilleux navires à la poupe desquels claque fièrement le pavillon national français".



Pour immortaliser l’événement, la Transat fait réaliser  par Raymond Delamarre, une superbe médaille-souvenir :

      
Collection personnelle de l'auteur


Regrets : Je n'ai pas trouvé à ce jour d'illustrations de l'arrivée de CHAMPLAIN à New-York, avec le traditionnel accueil des bateaux-pompes et remorqueurs... Peut-être qu'un lecteur américain ... ? 
Regrets: I have not found so far illustrations of the arrival of CHAMPLAIN in New York, with the traditional home of the boats-pumps and tugs ... Maybe an American reader ...?

Comme pour la plupart des paquebots de la French-Line, il remporte un grand succès auprès des américains qui apprécient les aménagements soignés, préfigurant ceux de NORMANDIE.

Plaquette promotionnelle américaine. 
Source et crédit photo : french collector line

L'agence de la Compagnie Générale Transatlantique  à New-York :

Source et crédit photo : Frenchline

Et voilà, CHAMPLAIN entame une brillante (mais courte) carrière sur la ligne Atlantique-Nord, qui "redore le blason" de la C.G.T. !



lundi 15 octobre 2018

Maquettisme (2° épisode)

Ainsi que je vous l'avais confié précédemment : 
"En 1970, mon beau-père me fit cadeau d'une carcasse de maquette-vitrine d'agence de voyages. Un bout de bois assez grossier, mais je déchiffrais à la proue, le tracé d'un nom... CHAMPLAIN "! 



 Le "bout de bois" d'origine :




Sous les couches de peinture, repérages des tracés :




Premiers travaux de... gros oeuvre :





Octobre 2018, en cours d 'achèvement :




Maquettisme 1° partie : ICI

mercredi 27 juin 2018

L'étrange cheminée du Champlain

J'ai déjà évoqué les regrets que j'éprouvais lorsqu'un navire, quel-qu’il soit, était transformé, remodelé, pour satisfaire aux exigences d'un nouvel armateur. C'est le plus souvent au détriment de l'esthétique, car un bateau n'est jamais aussi beau que dans ses lignes originelles. L'exemple de France devenu Norway est encore dans toutes les mémoires. Champlain qui était à son époque (1932) le paquebot qui a redoré le blason de la Compagnie Générale Transatlantique, avait une cheminée bien proportionnée, à l'opposé du Pasteur (1938).

En 1936, elle a été relevée d'environ d'un tiers comme on peut aisément le constater sur l'épave, la corrosion ayant fait réapparaître la greffe.

Observez la différence en vous référant par rapport au nid-de-pie sur le mât avant : 


source et crédits-photos : en attente localisation, droits-réservés, colorisés par Daryl LeBlanc



source et crédits-photos : Delboca






Le Champlain qui était un modèle d'innovation et préfigurait Normandie adopta lors de cette transformation, d'un système de type STROMBOS breveté par les FORGES & CHANTIERS de la MÉDITERRANÉE; cette cheminée révolutionnaire avait été étudiée pour stabiliser l'émission des fumées et de la suie et éviter leur rabattement sur les ponts. De plus, ces cheminées réduisaient de 20% la température des chaudières. C'est l'oeuvre de l'ingénieur Valensi qui, plus tard, dessina celles du paquebot France. 


Les escorteurs-rapides type Corse, ont tous adoptés une cheminée similaire à celle de Champlain.







Épilogue

Cette cheminée reste dans la mémoire de tous ceux qui prenaient le bac pour l'ile de Ré, dans les années 40 à 60 : marée basse ou marée haute, elle se dressait comme une tour-penchée, elle intriguait, mais peu savaient... (voir mon article précédent : ICI)


source et crédit-photo : en attente localisation, droits-réservés




Un de nos lecteur attentif, Paul LOUIS que nous remercions, nous a rapporté une anecdote intéressante sur le sort de cette cheminée : une fois découpée, une partie a été posée à coté de la gare maritime, elle a servi de garage pour un camion de 5 tonnes Renault, type "Fainéant" !


source et crédit-photo : en attente localisation, droits-réservés





lundi 14 mai 2018

Le naufrage du Champlain (3° et dernier épisode)




A quelle heure le Champlain a-t-il heurté la mine magnétique ?




La question se pose, effectivement quand les divers témoins (d’un simple citoyen jusqu’au… Général de Gaulle souvenez-vous), sont partagés : la divergence  s'étale de 8 à 9 heures 30, et l’interrogation n’est pas accessoire car elle confirme ou infirme non seulement les dits-témoignages, mais aussi les hypothèses avancées : bombardement, sabordage, explosion d’une mine.

Nous disposons de plusieurs éléments qui convergent tous en faveur du heurt avec une mine magnétique :
- Rapport du commandant Lescarret : ICI
- La majorité des témoignages de l’équipage, des passagers, d’employés à terre : ICI. Abandonnons donc les fantaisies (sabordage!) les erreurs (bombardement, navigation dans un champ de mines).
- La certitude que c’est en évitant sur son ancre que le Champlain à heurté la mine.



Pour éviter, il faut qu’il y ait un changement de marée, le matin. L’annuaire des marées des côtes de France fixe la « basse mer » au large de La Rochelle/La Pallice à 8 heures 14. Le Champlain se met donc nez au Nord, dans un premier temps, l’eau se retirant vers le Sud.

La moyenne de l’étale dans le pertuis  d'Antioche étant de 20 à 25 minutes, on peut donc en déduire que le paquebot a commencé son évitage aux environs de 8 heures 40/50.


Oui, mais attention, à l’étale, où se trouvait-il ? Nous savons que le courant descendant est au sud, d’où l’affirmation qu’à l’étale, il se positionne à la perpendiculaire nord-sud. Oui, mais… de quel coté ? Cela dépend cette fois, de la force du vent, et nous n’avons aucune réponse à ce sujet.

À marée montante, le Champlain a-t-il évité sur sa droite ou sur sa gauche, sachant qu’il a quasiment coulé sur place, en 7 minutes sur un haut-fond sablonneux et que nous connaissons sa position, une fois le drame achevé (proue au sud-est).





Notre hypothèse :

Le vent est faible, le courant montant est
plus fort : le Champlain, proue vers La Pallice, a évité à
partir de 8 heures 50, prise en compte une dizaine de minutes pour que ce navire de plus de 20.000 tonnes décroche. La poupe poussée vers le Nord, le paquebot a heurté la mine peu de temps après au vu des photos aériennes.









Il était donc probablement 9 heures 10, quand il a heurté une mine magnétique sur bâbord arrière. 








Rappel : Un  quart d'heure auparavant, l’avion du général de Gaulle décolle de l’aéroport de Beutre/Mérignac, distant de 170 kms. à vol d’oiseau de La Pallice. Il s’agit d’un De Havilland Flamingo, à la vitesse de croisière de 328 km/h. Il a donc survolé La Pallice une bonne demi-heure après l’événement et le général Spears qui l’accompagnait a donc bien vu des « centaines de silhouettes minuscules qui se débattaient dans l’eau ».





Le rédacteur du blog a téléphoné au château, mais c’est Tryphon Tournesol qui a décroché. Pour une fois, son sonotone était (presque) opérationnel et il a pris à son compte sa demande de préparer une chronique sur la formation les marées, origine, amplitudes, etc.


Je n’ai pas osé lui révéler la méprise, tant il était fier d’assurer cette mission… J’aurais du, car je ne sais pas si vous allez vous y retrouver !
















Premier épisode Naufrage du paquebot Champlain : ICI
Deuxième épisode Naufrage du paquebot Champlain : ICI